Job 14
aligned by seat — same row, same verse, whatever each bible numbers it
| v | Crampon1923 |
|---|---|
| 1 | L’homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères. |
| 2 | Comme la fleur, il naît, et on le coupe ; il fuit comme l’ombre, sans s’arrêter. |
| 3 | Et c’est sur lui que tu as l’œil ouvert, lui que tu amènes en justice avec toi ! |
| 4 | Qui peut tirer le pur de l’impur ? Personne. |
| 5 | Si les jours de l’homme sont comptés, si tu as fixé le nombre de ses mois, si tu as posé un terme qu’il ne doit pas franchir, |
| 6 | détourne de lui tes yeux pour qu’il se repose, jusqu’à ce qu’il goûte, comme le mercenaire, la fin de sa journée. |
| 7 | Un arbre a de l’espérance : coupé, il peut verdir encore, il ne cesse pas d’avoir des rejetons. |
| 8 | Que sa racine ait vieilli dans la terre, que son tronc soit mort dans la poussière, |
| 9 | dès qu’il sent l’eau, il reverdit, il pousse des branches comme un jeune plant. |
| 10 | Mais l’homme meurt, et il reste étendu ; quand il a expiré, où est-il ? |
| 11 | Les eaux du lac disparaissent, le fleuve tarit et se dessèche : |
| 12 | ainsi l’homme se couche et ne se relève plus, il ne se réveillera pas tant que subsistera le ciel, on ne le fera pas sortir de son sommeil. |
| 13 | Oh ! Si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, m’y tenir à couvert jusqu’à ce que ta colère ait passé, me fixer un terme où tu te souviendrais de moi ! |
| 14 | Si l’homme une fois mort pouvait revivre ! Tout le temps de mon service j’attendrais qu’on vînt me relever. |
| 15 | Tu m’appellerais alors, et moi je te répondrais ; tu languirais après l’ouvrage de tes mains. |
| 16 | Mais hélas ! Maintenant, tu comptes mes pas, tu as l’œil ouvert sur mes péchés ; |
| 17 | mes transgressions sont scellées dans une bourse, et tu mets un enduit sur mes iniquités. |
| 18 | La montagne s’écroule et s’efface ; le rocher est transporté hors de sa place ; |
| 19 | les eaux creusent la pierre, leurs flots débordés entraînent la poussière du sol : ainsi tu anéantis l’espérance de l’homme. |
| 20 | Tu l’abats sans retour, et il s’en va ; tu flétris son visage, et tu le congédies. |
| 21 | Que ses enfants soient honorés, il n’en sait rien ; qu’ils soient dans l’abaissement, il l’ignore. |
| 22 | Sa chair ne sent que ses propres souffrances, son âme ne gémit que sur elle-même. |