Job 41
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| v | LSG1910 |
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| 1 | Nul n’est assez hardi pour l’exciter; Qui donc me résisterait en face? |
| 2 | De qui suis-je le débiteur? Je le paierai. Sous le ciel tout m’appartient. |
| 3 | Je veux encore parler de ses membres, Et de sa force, et de la beauté de sa structure. |
| 4 | Qui soulèvera son vêtement? Qui pénétrera entre ses mâchoires? |
| 5 | Qui ouvrira les portes de sa gueule? Autour de ses dents habite la terreur. |
| 6 | Ses magnifiques et puissants boucliers Sont unis ensemble comme par un sceau; |
| 7 | Ils se serrent l’un contre l’autre, Et l’air ne passerait pas entre eux; |
| 8 | Ce sont des frères qui s’embrassent, Se saisissent, demeurent inséparables. |
| 9 | Ses éternuements font briller la lumière; Ses yeux sont comme les paupières de l’aurore. |
| 10 | Des flammes jaillissent de sa bouche, Des étincelles de feu s’en échappent. |
| 11 | Une fumée sort de ses narines, Comme d’un vase qui bout, d’une chaudière ardente. |
| 12 | Son souffle allume les charbons, Sa gueule lance la flamme. |
| 13 | La force a son cou pour demeure, Et l’effroi bondit au-devant de lui. |
| 14 | Ses parties charnues tiennent ensemble, Fondues sur lui, inébranlables. |
| 15 | Son cœur est dur comme la pierre, Dur comme la meule inférieure. |
| 16 | Quand il se lève, les plus vaillants ont peur, Et l’épouvante les fait fuir. |
| 17 | C’est en vain qu’on l’attaque avec l’épée; La lance, le javelot, la cuirasse, ne servent à rien. |
| 18 | Il regarde le fer comme de la paille, L’airain comme du bois pourri. |
| 19 | La flèche ne le met pas en fuite, Les pierres de la fronde sont pour lui du chaume. |
| 20 | Il ne voit dans la massue qu’un brin de paille, Il rit au sifflement des dards. |
| 21 | Sous son ventre sont des pointes aiguës: On dirait une herse qu’il étend sur le limon. |
| 22 | Il fait bouillir le fond de la mer comme une chaudière, Il l’agite comme un vase rempli de parfums. |
| 23 | Il laisse après lui un sentier lumineux; L’abîme prend la chevelure d’un vieillard. |
| 24 | Sur la terre nul n’est son maître; Il a été créé pour ne rien craindre. |
| 25 | Il regarde avec dédain tout ce qui est élevé, Il est le roi des plus fiers animaux. |
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